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Comment bien préparer sa reconversion professionnelle ?

Article extrait du site https://www.digiformag.com écrit par Johann VIDALENC.

Le monde du travail vit en ce moment un moment charnière.

D’un côté, celui-ci évolue très vite, avec une obsolescence des compétences et une transformation des métiers qui s’accélèrent de façon massive, en témoignent les premiers impacts de l’intelligence artificielle sur la manière de travailler.

D’un autre côté, des actifs de plus en plus nombreux songent à changer de métier, de secteur d’activité, ou de statut, et passent à l’action. Ce sujet de l’évolution professionnelle et de la reconversion comporte deux principales problématiques :

  • la définition de son projet professionnel ;
  • la mise en action de son projet qui peut passer par une phase de développement des compétences à travers la formation.

Dans cet article, nous vous proposons de faire un point sur les droits des individus pour répondre à ces problématiques.

Un marché de la reconversion plus actif que jamais 

Le simple constat du nombre d’enquêtes réalisées sur le sujet de la reconversion professionnelle ces dernières années suffit à identifier la puissance du phénomène. Les chiffres révèlent, eux, des tendances significatives.

Ainsi, une étude menée par l’institut YouGov sur les ambitions professionnelles des Français révèle que 2 Français sur 3 en poste envisagent ainsi de changer de poste en 2023. Pour 15 % des actifs, l’année en cours doit être celle d’un projet de reconversion professionnelle.

Certaines catégories sont également plus sensibles aux reconversions professionnelles. Ainsi, selon une enquête de l’APEC, 31 % des cadres déclarent envisager une reconversion professionnelle. Ce chiffre monte à 45 % pour les moins de 35 ans et à 60 % pour les cadres en recherche d’emploi.

Du côté des femmes, un sondage de l’IFOP réalisé avec le cabinet Garance & Moi, met en évidence que 57 % des salariées envisagent une reconversion professionnelle : “plus précisément, cela concerne davantage les femmes âgées de 25 à 34 ans (67 %), celles à temps partiel (63 %) et celles en CDD (74 %), mais aussi celles exerçant un métier à temps plein de 50 heures ou plus par semaine (65 %), et inévitablement celles qui sont insatisfaites de leur situation professionnelle actuelle (85 %).”

Les dispositifs pour élaborer son projet professionnel

La mise en œuvre d’un nouveau projet professionnel est une problématique très fréquente chez les actifs qui souhaitent bifurquer de voie au cours de leur carrière. En effet, pour se mettre en mouvement, il faut être d’abord capable de savoir dans quelle direction regarder.

Deux principaux dispositifs existent actuellement pour aider les salariés à faire le point sur leurs aspirations.

Le bilan de compétences

C’est un dispositif pour les actifs cherchant à faire le point sur leur parcours professionnel et envisageant une évolution ou une reconversion. Cette démarche se déroule généralement sur une période de plusieurs mois. C’est un travail d’investigation poussé accompagné par un professionnel qualifié. Il peut mobiliser des outils tels que des entretiens individuels, des tests de personnalité et d’aptitudes, ou encore des évaluations de compétences. À l’issue du bilan, un rapport est établi pour aider la personne à élaborer un projet professionnel réaliste et à mettre en place un plan d’action pour atteindre ses objectifs.

Le financement du bilan peut être réalisé grâce au CPF, à l’AIF si le salarié est demandeur d’emploi ou encore par un financement de l’employeur.

Le Conseil en évolution personnelle (CEP)

Le  CEP est un service gratuit visant toute personne souhaitant faire le point sur sa situation professionnelle. Il est proposé par des organismes habilités (Pôle emploi, APEC, Mission locale…). Il comporte les prestations suivantes :

  • un entretien individuel permettant d’analyser sa situation professionnelle ;
  • un conseil personnalisé pour définir son projet professionnel ;
  • un accompagnement dans la mise en œuvre de ce projet.

Un document de synthèse est remis à l’issue de la prestation, récapitulant son projet de reconversion et la stratégie envisagée pour sa mise en œuvre. Suivre une formation peut faire partie de cette stratégie.

Les dispositifs pour financer son projet d’évolution ou de reconversion professionnelle

Plusieurs dispositifs existent pour financer une formation dans le cadre d’une reconversion ou évolution professionnelle, en fonction de la situation de l’individu.

Pour se reconvertir : le projet de transition professionnelle (PTP) 

Le PTP a succédé au CIF (Congé individuel de formation) en 2019. Il est actuellement géré par les associations Transitions Pro (ATpro). Son but est de financer la reconversion professionnelle des salariés qui souhaitent changer de profession ou qui veulent évoluer dans leur carrière grâce à une formation certifiante de longue durée.

Pour être éligible, le salarié doit cumuler plus de deux ans de travail, dont au moins un an chez son entreprise actuelle. Le salarié doit également négocier avec son employeur son congé de formation. Ce dernier ne peut pas le refuser, mais uniquement le reporter.

Le financement est accordé sur dossier. Le caractère certifiant de la formation ne suffit pas. Il faut en effet que le projet de la personne soit cohérent et que les perspectives d’emploi soient également au RDV. Les métiers en tension ou porteurs font donc logiquement partie des principales formations financées.

Pour suivre une formation certifiante : le CPF

Ce financement est disponible pour tous les actifs qui disposent d’un compteur en euros alimenté chaque année. Ce n’est pas à proprement parler un dispositif visant la reconversion professionnelle. Toutefois, comme sa finalité est, la majorité du temps, l’obtention d’une certification professionnelle, il participe, de fait, à de nombreux projets de reconversion professionnelle.

Ce dispositif est géré par la Caisse des dépôts et consignation (CDC) et mobilisable via la plateforme Mon Compte Formation.

Pour évoluer dans son entreprise : la Pro-A

Ce dispositif est géré par les OPCO (Opérateur de compétences). Il permet à des personnes disposant d’au maximum un BAC+2 de suivre une formation longue et certifiante (RNCP) en alternance tout en restant dans son entreprise. Cette formation doit avoir pour objectif une évolution professionnelle (exemple : un technicien qui passe chef d’équipe).

C’est la raison pour laquelle un avenant doit être signé en amont de la formation.

Cela reste toutefois un dispositif à la main de l’employeur et forcément coconstruit. Il nécessite également que la branche professionnelle de l’entreprise ait signé un accord étendu pour en assurer le financement.

Pour se reconvertir vers une autre entreprise : Transco 

Le dispositif Transco a été créé pendant la crise de la COVID, en réponse aux problématiques économiques des entreprises. Il s’agit en effet d’identifier sur des territoires :

  • les entreprises en difficulté économique ou subissant des mutations (technologiques, organisationnelles et/ou environnementales) ;
  • les entreprises ayant des besoins en main d’œuvre non pourvus.

L’objectif est de créer des passerelles entre ces deux types d’entreprises pour prévenir des situations de licenciement économique. 

Financé via le budget de l’État, il vise les salariés ayant :

  • + 2 ans d’expérience pro et occupant des métiers à risque et précarisés ;
  • visant une formation certifiante sur des métiers porteurs pouvant aller jusqu’à 24 mois (ou 2 400 heures) maximum.

Les critères de prise en charge varient en fonction de la taille de l’entreprise.

Ce dispositif n’a malheureusement pas encore connu le succès escompté. Le budget associé à ce dispositif est ainsi passé de 500 millions d’euros en 2022 à seulement 50 millions en 2023.

Pour les demandeurs d’emploi

Les demandeurs d’emploi ne sont pas laissés-pour-compte, il existe des dispositifs qui leurs sont dédiés.

L’Aide individuelle à la formation (AIF)

L’AIF permet de financer une formation qui vise un retour à l’emploi. Celle-ci doit être validée par le conseiller Pôle emploi.

Si un autre financement permet de financer la formation (le CPF par exemple), alors l’AIF n’est pas mobilisable. Toutefois, si le CPF ne couvre pas 100 % du prix de la formation, l’AIF prend en charge le différentiel.

La POEI et l’AFPR

Ces deux dispositifs jumeaux permettent de financer une formation préalable au recrutement en entreprise. Concrètement, ils visent les entreprises qui n’arrivent pas à recruter sur leur bassin d’emploi.

Cela va donc cibler en priorité :

🔸 les métiers en tension (transports, aide à la personne…) ;

🔹 les filières d’avenir (développement durable, data…).

L’entreprise identifie un OF pertinent sur cette thématique et contacte Pôle emploi pour mettre en place le financement.

La principale différence entre les deux dispositifs viendra de la durée du contrat proposée après la formation : plus de 12 mois pour la POEI et entre 6 et 12 mois par l’AFPR.

La POEC

C’est la même logique que la POEI mais à une échelle collective.

Dans la pratique, ce sont les OPCO qui identifient des besoins en compétences sur un territoire et/ou une branche professionnelle. En collaboration avec Pôle emploi, ils lancent une procédure de sélection du/des OF via un appel d’offre. Les formations sont ensuite proposées aux demandeurs d’emploi, et une convention tripartite est signée avec l’entreprise accueillante.

Une simplification du système à venir ?

Le sujet d’une simplification du système des reconversions professionnelles est actuellement en débat. Après la recommandation de la Cour des comptes de fusionner les AT Pro avec les OPCO pour davantage de lisibilité, c’est désormais Carole Grandjean, la ministre déléguée chargée de la formation professionnelle qui a lancé des discussions avec les partenaires sociaux pour simplifier le paysage des dispositifs de reconversion professionnelle.

Seuls 60.000 parcours de transitions professionnelles avaient été financés en 2022.

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